Les Faux visages de David B. et Tanquerelle
Paris, 1980, alors qu’ils avaient décidé de se ranger, Momo, un braqueur de banque trouve la mort, abattu comme un chien après avoir grillé un feu rouge par un policier trop zêlé. Pour le venger, ses partenaires décident de continuer à attaquer des banques, jugeant que voler l’argent des bourgeois était ce qu’on pouvait leur faire de pire. Ils sont huit, venus de tous horizons, et ils vont un jour avoir l’idée aussi simple que géniale de rentrer dans les banques déguisés, afin de ne pas attirer l’attention et de ne blesser personnes…
Voici donc l’histoire de ce gang des Postiches, qui sévit presque en toute impunité durant les années 80 à Paris. Les auteurs s’appuient sur des faits réels, puisque ce gang a vraiment existé, mais s’en dégagent forcément dans ce récit puisqu’on ne sait bien entendu pas tout à leur sujet. De toute façon, le but semble plutôt de réaliser le portrait social d’une bande de potes braqueurs marqués par leur époque que de coller parfaitement à la réalité.
Ainsi, on évite d’ailleurs le récit froid et étouffant. Les noms sont inventés, et l’histoire que l’on suit… Et bien, qu’importe après tout. Que cela se soit passé comme ça ou non, on s’en fiche quelque peu, il faut bien le reconnaître. L’important ici, c’est de vivre une histoire captivante, amusante parfois même, où les rôles des bons et des mauvais ne sont pas clairement définis. Fantasme du gentil gangster d’un côté, flics ripoux et bavures de l’autre. C’en serait presque caricatural par moments d’ailleurs si ça n’en était pas avant tout très humain.
Voilà une des forces de cet album justement, ce côté humain, psychologique, à la limite de la caricature, mais juste de l’autre côté de la frontière, où chaque personnage est particulièrement détaillé dans un groupe qui peut pourtant paraître stéréotypé. Chaque membre du groupe est présenté dans un chapitre qui ne sert qu’à cela, nommé, de telle sorte qu’on reconnaîtra par la suite chacun d’entre eux, craignant particulièrement les dérapages de l’un ou de voir une arme dans les mains d’un autre. Tout ça est finalement terriblement immersif.
Immersion aux côtés de ce groupe et de leurs braquages mais aussi au sein de l’époque décrite. Centré durant le début des années 80, le récit s’étend pourtant de 1975 aux années 2000. Coiffures typiques, moustaches et Renault 5, c’est un savoureux voyage dans le temps que nous offrent les auteurs…
Ces Faux visages allient donc pas mal d’éléments qui rendent le récit particulièrement plaisant. Portrait de personnages hauts en couleurs, nostalgie d’une époque révolue, guerre fantasmée entre gentils gangsters et flics pourris, moments de suspens, de tensions, même si certains connaîtront déjà la fin, entrecoupés de quelques passages amusants. L’ensemble est rondement mené et servi par un dessin efficace, et colorisation particulièrement bien choisie, toute en noir, blanc et bleu. Bref, rien à jeter dans cet album !
6,5/10 Un savant mélange de réalité et de fiction pour un portrait réussi d’un groupe de gangsters hauts en couleurs !

Alessandro Barbucci
Alex Alice
Alter ego
Anthony Jean
Antonello Dalena
B.
Benjamin Carré
Conquistador
Corentin Rouge
Cross fire
Cyril Bonin
Guillaume Bianco
J-S Rossbach
Mathieu Gabella
Mathieu Lauffray
Mathieu Mariolle
Mathieu Reynès
Mikael Bourgouin
Nicolas Siner
Paolo Martinello
Paul Salomone
Régis Hautière
Roberto Ricci
Stéphane Créty
Tirso
Valentin Sécher
Xavier Collette
Yann Tisseron
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