Le Manoir des murmures, Tome 3 de Muñoz et Tirso

25 août
25 août 2011

Un village en flammes, une image du passé, aux premiers temps du conflit entre Simon et Demian, entre les Druides et les créatures de la nuit. Mais retour au présent et à ce qui sera sans doute leur ultime rencontre. Les rôles semblent clairs, les positions immuables, les alliances définitives. Sarah s’est rangée du côté de Simon et ils tentent de rentrer au manoir avant que Demian et ses démons ne prennent possession des lieux. L’affrontement final semble inévitable…

Ainsi débute ce dernier volume, sur les bases que le tome précédent avait laissé entrevoir. Après une ambiance sombre et oppressante durant deux volumes, la fin de ce dernier laissait présager d’un changement radical de rythme et bien sûr également d’ambiance. Au calme relatif d’un huis-clos somptueux, intrigant, envoutant, succède donc, en guise de résolution, l’explosion finale. Bien sûr, on ne peut attendre de cet album les mêmes choses que des tomes précédents. Ce tome 3 est une fin, avec tout ce que cela signifie, avec les avantages qui en découlent, ses inconvénients inévitables. Le premier, simplissime, évident, c’est qu’après celui-ci, il n’y aura plus de Manoir des murmures. Pour l’avoir entre les mains, l’attente a été particulièrement longue, mais finalement assez agréable. Et c’est bête à dire, mais, personnellement, cette attente va me manquer.

L’autre inconvénient, qui n’en est finalement pas vraiment un lui non plus, c’est justement ce changement radical de rythme. Ce dernier tome est un tome de résolution, où tout est expliqué, où tout se précipite, ce qui entraîne donc, logiquement, tout un tas de bouleversements, dans la narration, dans la construction même de l’album, qui pourrait s’apparenter d’avantage à un film à gros budget et effets spéciaux à tout va plutôt qu’au huis-clos intimiste des précédents tomes. Changement détonant donc, mais rassurez-vous, l’album reste malgré tout de la même qualité que les précédents. D’ailleurs, je trouve que le portrait que je tente de dresser jusqu’ici ne rend pas suffisemment hommage à celle-ci, qui sera pourtant restée constante, jusqu’au bout. Le manoir des murmures est une série définitivement exceptionnelle, trop méconnue malheureusement, dont ce troisième tome est finalement la parfaite conclusion.

Certes, il est avant tout consacré aux diverses résolutions, il ne s’empêche pourtant pas de faire la part belle à un suspens haletant, nous proposant encore de multiples retournements de situations, propre aux alliances nouées et dénouées depuis le début de la série. Les complots avaient encore leur place ici et les traitres encore leurs rôles à jouer finalement. L’affrontement est au centre de l’album, une lutte sans merci qui dure depuis des siècles, entre deux personnages, deux clans, ayant chacun leurs motivations, leurs raisons de se retrouver là. Tout est justifié, rien n’est ridicule ou caricatural. Les créatures de la nuit et les différents monstres se révèlent, offrant un spectacle grandiose, une sorte d’apothéose.

Graphiquement, l’idée est la même. Pour ce dernier volume, Tirso a pris son temps et bien lui en a pris. Plus abouti encore que les précédents volumes, plus réussi, plus beau, tout simplement. Le style de l’auteur espagnol se marie à la perfection avec l’ambiance recherchée. Le bestiaire est typé, riche, le trait, lui, est plus dynamique que jamais et met au mieux en valeur les combats, tout simplement exceptionnels. Au final, ce troisième volume constitue, tout simplement, le parfait achèvement d’une série prodigieuse, dont le seul inconvénient est, finalement, d’être finie…

8,5/10  Une excellente série, dont voici la parfaite conclusion, plus rythmée, différente, certes, mais tout aussi réussie !

6 replies
  1. Romain says:

    tu avais raison c’est tout bonnement génial.

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  2. fif says:

    Dans ma liste de futurs achats…

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  3. Corwin says:

    Je viens de lire le premier tome, et je dois bien avouer que la BD hispanique existe, et pas uniquement au travers de l’OVNI Blacksad, ou de l’excellent Jazz Maynard. C’est vraiment très bon, et je crains de devoir prendre mes bonnes résolutions de gestion budgétaire, de les tailler et en pointe et…

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  4. C... says:

    Oui, la BD hispanique est très importante et c’est d’autant plus étonnant que cela n’existe quasiment pas dans leur pays… Beaucoup d’auteurs pourtant et de très talentueux… Tirso, Guarnido et Dia Canales, Raule et Roger que tu cites, mais aussi Toledano, Robledo ou encore Munuera pour ne citer que les plus connus…
    Si tu veux du polar couillu, je te conseille celui-ci : http://www.blog-bd.net/critique/ken-games/
    Et comme tu as aimé Où le regard ne porte pas (si c’était bien tes bd que ta frangine lisait au Thabor) : http://www.blog-bd.net/critique/le-signe-de-la-lune-de-bonet-et-munuera/
    (bon, je l’ai écrite il y a longtemps celle-ci ;-) )

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  5. Corwin says:

    ça devait être les miennes oui :)

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  6. Corwin says:

    J’ai lu les tomes 2 et 3, la série se clos à un excellent niveau. Dessin toujours clean, mais surtout c’est parti dans une direction qui pour moi a été totalement inattendue. Je t’accorde qu’une suite ferait envie, même elle contraindrait vraisemblablement les auteurs à une surenchère qui pourrait s’avérer regrettable.
    Un très bon triptyque donc qui mérite d’être offert à noël :)

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