3 souhaits, Tome 2 de Gabella et Martinello
Jérusalem, le douzième siècle, les croisades, les Mille et une nuits… Le Kabyle a été un assassin pour le compte de Sinan, le meilleur de ses assassins, jusqu’à son sacrifice devant Saladin et sa résurrection. Depuis, il est prisonnier d’une lampe magique et utilisé par ceux qui la possède tour à tour, pour qui il doit exhaucer 3 souhaits, 3 assassinats en l’occurence. Une fois sa mission accomplie, alors, peut être pourra-t-il enfin sortir de sa prison magique…
Le Kabyle a effectué sa première mission avec brio, pour le compte de deux golems, à la solde d’on ne sait qui, assassiner Sinan, son ancien maître, connu jadis sous le nom d’Ali Baba. Mais la lampe a changé de propriétaire depuis et c’est maintenant de Saladin dont il est l’esclave et pour qui il va devoir retrouver et assassiner Shéhérazade, l’ancienne alliée du sultan, du temps où il n’était qu’un voleur et qu’on l’appelait par un autre nom…
Dès ce résumé, on retrouve ce qui pourrait constituer la marque de fabrique du scénariste M. Gabella : la richesse et la complexité. C’est un auteur qui a toujours énormément d’idées, toujours envie de mettre tout un tas d’éléments dans ses histoires. Parfois, cela ne colle pas et le résultat est plutôt médiocre (7 prisonniers), parfois, tout concorde à la perfection et on touche au génie (La Licorne). Ici, on est parfois à la limite entre ces deux opposés, même si on reste toujours du bon côté de celle-ci.
Changement de noms des personnages, dont on se demande d’abord l’intérêt jusqu’à comprendre la portée scénaristique, anciens alliés, anciens maîtres, cité secrète, conflit entre ‘Ads et Rokhs, djinns, golems, pouvoirs magiques… Beaucoup d’éléments, de liens assez complexes mais qui laissent l’histoire du côté de la richesse plutôt que de celui de la lourdeur incompréhensible et ce, même si, par moments, il faut reconnaître qu’on se retrouve un peu perplexe durant quelques pages.
Les auteurs ont créé avant tout un monde à part, inspiré d’un conte des Mille et une nuits, mais, une nouvelle fois, beaucoup plus détaillé, beaucoup plus complexe, beaucoup plus riche. L’histoire, elle, est beacoup plus orientée action que n’importe quel conte, puisqu’il est vraiment question de missions d’assassinats et de conflits entre créatures à la force démesurée. Il n’est pas rare de recevoir quelques projections de sable durant la lecture donc, mais c’est aussi ce qui fait le charme de cette aventure, son dynamisme…
Mais sa grande force, c’est d’avoir su allier à cette richesse scénaristique un graphisme hors du commun, une véritable prouesse technique et un vrai bonheur pour les yeux. L’illustrateur, P. Martinello, fait des merveilles, lui aussi. Son trait est dynamique, superbe, original et il nous offre un cadre idéal pour cette histoire, avec ses architectures démesurées, son bestiaire impressionnant. Influencé par Disney et le génie bleu, on n’aurait pu imaginer tant de variété parmi les djinns, tous plus beaux les uns que les autres.
Avec un tel illustrateur à ses côtés, c’est un peu comme si M. Gabella ne pouvait en fait donner que le meilleur de lui même. Ainsi, si elle n’est pas exempte de tout reproche, la partition livrée sur cet album, de même que sur le volume précédent, ressemble à une osmose quasi-parfaite entre les deux auteurs. L’un donnant à l’autre le cadre parfait pour s’exprimer au mieux, l’autre magnifiant son scénario en permettant de faire passer plus facilement les quelques imperfections, les quelques longueurs et complexités superflues qu’on ne remarque finalement plus…
7,5/10 Une aventure sombre et explosive dans l’univers des contes des Mille et une nuits, un graphisme superbe et une histoire d’une grande richesse elle aussi !

Alessandro Barbucci
Alex Alice
Alter ego
Anthony Jean
Antonello Dalena
B.
Benjamin Carré
Conquistador
Corentin Rouge
Cross fire
Cyril Bonin
Guillaume Bianco
J-S Rossbach
Mathieu Gabella
Mathieu Lauffray
Mathieu Mariolle
Mathieu Reynès
Mikael Bourgouin
Nicolas Siner
Paolo Martinello
Paul Salomone
Régis Hautière
Roberto Ricci
Stéphane Créty
Tirso
Valentin Sécher
Xavier Collette
Yann Tisseron
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