Azimut, Tome 1 de Lupano et Andreae

18 mai
18 mai 2012

Couverture Azimut 1Parti depuis deux ans maintenant en quête d’un monde inconnu, le grand explorateur, le Comte Quentin de la Pérue débarque enfin sur une plage inexplorée. Son périple touche à sa fin, il va pouvoir poser le drapeau sur cette plage, symbole du magnifique exploit qu’il vient de réaliser… Seulement voilà, cette plage, c’est celle de Ponduche, le royaume dont il est parti. On ne peut donc, techniquement, pas vraiment parler de découverte et encore moins d’exploit. Pourtant, les boussoles étaient formelles ! Comment un explorateur de cette trempe a-t-il pu faire demi-tour à un moment, sans s’en rendre compte ?

A Ponduche, le Roi Irénée doit exaucer les 17 caprices de sa future épouse, une princesse venue d’Orient. Une coutume de là-bas parait-il… Le calvaire touche à sa fin, il en est au quinzième, qui n’est autre qu’une pêche aux bigorneaux. En fait, tout cela n’est dû qu’à une seule chose : on a perdu le nord, ou quelqu’un l’a volé, on ne sait pas trop, mais ce qui est sûr, c’est qu’il est ailleurs chaque jour. Une véritable calamité pour le commerce maritime ou encore pour la migration des poissons volants, même si c’est très bon avec du fenouil…

L’histoire se passe dans un monde fantastique, un brin décalé pour ne pas dire plus, où se côtoient tous types de créatures, allant du simple géant aux immenses poissons volants, en passant par les saugres, qui semblent être des croisement d’animaux humanoïdes, sortant d’œufs et répétant invariablement la même phrase lors de leur venue au monde. Un univers particulièrement riche donc, bourré de détails et de trouvailles scénaristiques et graphiques plus amusantes et originales les unes que les autres…

Dans ce monde merveilleux, on va suivre plusieurs personnages et, à dire vrai, plusieurs histoires même, qui vont se retrouver liées pour la plupart, chaque scène prenant peu à peu sens. Difficile de dégager un héros d’ailleurs, un personnage principal auquel on s’attache, le véritable acteur de cette aventure, de cet album du moins semblant être son univers. Ce qui n’est pas sans nous rappeler, dans le même type d’ambiance d’ailleurs, une série comme La Nef des fous, ou dans une moindre mesure, Horologiom, voire, pourquoi pas, dans un autre domaine, Le Roi et l’oiseau… Des univers à part et, à n’en point douter, exceptionnels et des comparaisons plutôt élogieuses…

Mais ces comparaisons, Azimut les mérite amplement à mon avis, et quoi d’étonnant d’ailleurs quand on regarde le duo d’auteurs qui réalise cet album. W. Lupano à l’écriture, aux dialogues, J-B. Andreae au dessin, ça ne pouvait que laisser présager de la qualité, non ? Et pour l’instant, entre cette enquête au sujet du vol d’une monnaie pourtant devenue obsolète, cette lutte contre la mort et le temps qui passe, ces personnages dont l’histoire reste encore à écrire, ce saugre qui n’en est pas un et le nord qui se perd, et bien, il faut bien le dire, on ne voit pas trop où ces auteurs compte nous amener. Pourtant, sincèrement, où qu’ils aillent par la suite, je les suivrai avec plaisir !

8/10  Monde original, histoire saugrenue, ambiance à part… Un vrai petit plaisir !

La Grande évasion – Biribi de Ricard et Thomas

16 mai
16 mai 2012

Couverture Biribi1898, au Maroc, un pénitencier perdu au beau milieu du désert. Sous un soleil de plomb, deux nouveaux prisonniers débarquent et sont bien vite mis en conditions, battus, rasés, humiliés dès leur arrivée. Ange Lucciani est Corse et enfermé ici pour insubordination et refus d’obéissance… Entre autres. Un caractère bien trempé qui va lui attirer les foudres du surveillant de la prison, et pas seulement, puisqu’une bonne partie de ses nouveaux compagnons d’infortune est décidée à lui mener la vie dure. Face à ces conditions déplorables, Ange n’envisage qu’une seule chose : l’évasion…

Delcourt, D. Chauvel et les séries concept, voilà un trio qui « sévit » maintenant depuis quelques années, avec un succès certain. Il y a d’abord eu 7, puis Le Casse, puis une nouvelle saison de 7, pas nécessairement indispensable, il faut bien le reconnaitre. Voici donc La Grande évasion, nouvelle série-concept donc, se positionnant davantage dans la lignée du casse, où chacun des huit albums, à chaque fois réalisé par un duo d’auteurs différents, devra aborder le thème de l’évasion. L’idée est simple, certes, mais, ne serait-ce que par les exemples mentionné jusqu’ici, elle a fait ses preuves…

Ce serait pourtant malhonnête de ma part de ne pas rappeler dès le début que je ne suis pas particulièrement friand de ce genre de séries. Et le fait qu’il y ait ici à chaque fois des auteurs de qualité (Ricard, Gabella, Chauvel, Gloris, Kris, Jouvray…) ne suffit pas à apaiser mon appréhension. Appréhension qui ne m’empêche pourtant pas de lire chaque nouvel album de ce genre de série, reconnaissant parfaitement quand j’en trouve un qui me plait (Sept missionnaires ou encore Soul man pour la série du Casse…). Curieux donc, mais un poil sévère, voilà donc mon état d’esprit avant d’attaquer ce nouvel album, cette précision me semblait devoir être faite…

Car cela pourrait, peut être, avoir influencé mon jugement ici (je ne crois pas, mais je préfère le dire quand même…). Cette série ne démarre, selon moi, pas de la meilleure des façons avec cet album, pas mauvais, mais pas réellement marquant. En fait, tout au long de la lecture, j’ai eu une désagréable impression que je vais tenter d’expliquer ici au mieux.

L’album raconte un pénitencier isolé, l’histoire d’un homme qui va tenter de s’en échapper, sachant bien que la véritable prison n’est pas tant le pénitencier que le désert qui l’entoure. Sachant cela, on s’imagine, sans être scénariste, qu’il va être question d’humiliation, de conditions déplorables au sein du camp, d’une recherche de dignité et d’un idéal de liberté. Le problème donc, c’est que l’on retrouve bien toutes ces choses, comme on pouvait trop s’y attendre.

Mon sentiment est donc partagé. D’un côté, j’ai eu l’impression d’avoir lu un album qui ne m’a rien apporté, dont seul le synopsis m’aurait suffit finalement. D’un autre côté, toutes ces choses me semblent être des valeurs qui méritent d’être traitées, des éléments qui méritent d’être mis en avant. Peut être attendais-je donc davantage de surprises de la part du scénario, ou même de l’écriture, classique, maitrisée mais sans être réellement originale.

Il y a bien eu quelques éléments surprenants, que l’on retiendra par la suite comme le tatouage de la moustache, marque suprême de rébellion, de dignité, ou encore la méthode utilisée pour survivre dans le désert… Mais ces moments sortant un peu de l’ordinaire me semblent trop rares. Hormis cela, il n’y a pas grand chose à redire, l’album me semble plutôt bon même, cohérent, carré, oui, mais sans grande surprise donc…

5,5/10 La prison et ses humiliations, la grande évasion et la recherche de liberté, de dignité… Malheureusement, en disant cela, j’ai l’impression d’avoir dévoilé tout ce que l’on peut trouver dans l’album. C’est bien, mais c’est bien peu, et d’autant plus quand on s’y attend…

Les Contes de l’ère du Cobra, Tome 1 de Fernandez

14 mai
14 mai 2012

Couverture les contes de l'ère du cobra 1Il y a longtemps, dans un lieu que l’on pourrait assimiler à l’Empire perse, vivait une belle jeune femme, issue d’un milieu modeste, que ses parents avaient voulu vendre pour sa beauté à la maison des princesses. Sian, amoureuse du jeune acrobate Irvi, que l’on surnommait « le singe », avait alors décidé de lui offrir sa virginité, afin qu’elle ne puisse plus être vendue. Mais le destin est hasardeux et celui-ci décida que leur nuit d’amour ne devait pas avoir lieu… Et Sian fut vendue. Irvi tenta bien, en vain, de la libérer, rien n’y fit, les deux amants furent pour longtemps séparés…

Ainsi commence une histoire assez particulière, un récit assez merveilleux même, qui va mettre en scènes un grand nombre de personnages et surtout un très grand nombre de péripéties. En effet, dans ces Contes de l’Ere du Cobra, il se passe tout un tas de choses, tout change très vite, chaque page nous offrant presque une nouvelle histoire, ou du moins, une nouvelle révélation, un nouveau bouleversement. C’est la première chose qui m’a frapper durant la lecture de cet album et une fois celui-ci refermé : sa longueur, son extrême densité, sans que jamais on ne s’ennuie une seconde.

Car s’il faut bien trois ou quatre fois plus de temps pour le lire qu’habituellement pour un autre album de ce format, le plaisir ne s’en voit qu’accru, du fait notamment d’une gestion du rythme parfaitement maitrisée, d’une bonne dose d’humour mais surtout d’une qualité d’écriture de haute volée. Présentée sous la forme d’un conte narré par un personnage masqué dont on ignore tout, cette histoire nous emporte littéralement. Ailleurs… Sans pourtant savoir vraiment où. Un nouveau lieu, une nouvelle aventure à chaque page…

Et résumer cet album devient un travail particulièrement compliqué, c’est aussi ce qui fait son charme. Un conte, c’est le maître-mot, avec tout ce que l’on peut en attendre, l’aventure, les exploits du héros qui va tout faire pour retrouver et reconquérir celle dont il est séparé, un personnage se proclamant l’Empereur Cobra, donnant une partie de son nom à l’album, un personnage que l’on finirait presque à plaindre par moments… Beaucoup de choses, pleines de fraicheur et de magie, de sentiments… Tant de situations qui paraissent parfois naïves, exagérées, excessives, mais qui se mêlent pourtant parfaitement : le voyages, l’amour, l’art contre l’oppression… Une histoire superbe donc, qui ne fait jamais dans la demi-mesure. J’imagine mal ainsi cet album laisser qui que ce soit insensible, même si cela peut bien sûr être à double-tranchant.

Et puis, bien sûr, il y a le dessin d’E. Fernandez, si particulier, si envoutant, tellement beau, tellement indéfinissable pourtant. Oui, la couverture et ses couleurs laissent penser qu’elle a été réalisée sous substances, mais cela ne fait qu’aller dans le sens de l’absence de demi-mesure que j’évoquais plus haut. Elle a au moins le mérite d’attirer le regard et c’est bien là ce qu’on lui demande. Et personnellement, cette couverture, véritablement représentative de l’album, je l’adore… Et cet album, s’il est bien difficile d’en parler, je peux vous assurer que j’ai pris beaucoup de plaisir en le lisant !

7,5/10 Un album un peu à part, presque indescriptible… Surprenant, enivrant !

Une nuit à Rome, Tome 1 de Jim

03 mai
3 mai 2012

Couverture Une nuit à Rome 1Raphaël va bientôt avoir 40 ans, dans trois jours précisément et pour fêter cela, Sophia, avec qui il vit depuis bientôt un an, a décidé de lui organiser une petite fête surprise, avec tous ses amis. Quand vient le moment d’ouvrir les cadeaux, Raphaël s’arrête sur une enveloppe anonyme, contenant une vieille cassette vidéo. Sur celle-ci, un film, une promesse faite vingt ans auparavant, entre lui et Marie, sa copine de l’époque. A 20 ans, ils se sont promis de passer la nuit de leurs 40 ans ensemble, à Rome…

Une vieille promesse qu’on avait oubliée, un amour de jeunesse que l’on pensait définitivement sorti de notre tête et d’un coup, le passé ressurgit et avec lui, une question, toute simple : dois-je risquer de tout perdre pour réaliser un simple fantasme ? Cette question laisse pourtant la place à toute une réflexion sur le passé, le présent, l’avenir, l’amour, les sentiments, le bonheur. Une question à laquelle on pourrait tous être confronté un jour, de près ou de loin, une question qui va, quoi qu’il en soit, pas mal faire réfléchir Raphaël…

S’il n’est pas un grand habitué de ce genre d’histoires, Jim a pourtant un talent indéniable pour trouver à chaque fois la petite question, la situation originale qui fait se confronter ses personnages à tout un tas de questions plus profondes. Dans L’invitation par exemple, le héros prétextait un problème en pleine nuit pour voir lequel de ses amis viendrait lui porter secours à cette heure si tardive. S’en suivait alors une véritable réflexion sur l’amitié et une belle tranche de vie. Ici, une situation de départ qui tient en une seule phrase « Il y a 20 ans, ils s’étaient promis de passer la nuit de leurs 40 ans ensemble », mais qui amène pourtant tellement de choses…

Raphaël est bouleversé par cette soudaine réapparition de son passé, mais tente de s’en cacher. Pour faire simple, il a le choix : rester avec Sophia avec qui il est très heureux, avec son travail, leurs projets communs, ou tout plaquer et partir rejoindre Marie à Rome, le temps d’une nuit seulement. Le combat semble peut être déséquilibré, reste à savoir de quel côté. Sa vie, sa routine, tout ce qu’il s’est refusé de faire pour obtenir ce bonheur actuel qui n’en est peut être pas un, ou qui vaudrait moins que celui qu’il pourrait obtenir en partant, là est tout le dilemme pour lui…

Au fil des pages, on ne peut bien sûr s’empêcher finalement, nous, de nous poser ces mêmes questions. D’un côté, on sait très bien quelle va être l’issue de ce conflit interne pour Raphaël, on le sait depuis l’introduction de l’album, qui donne le ton à l’ensemble de celui-ci. On le sait, mais on ne peut s’empêcher pour autant d’avoir envie de le retenir, de l’empêcher de prendre cet avion et pourtant, nous, qu’aurions nous fait à sa place ? Par sa justesse, cet album nous touche, nous fait réfléchir avec un certain recul au départ, puis nous plonge véritablement dans cette histoire, à l’aide de petits détails si bien trouvés, de moments tellement vrais, au point que les questions de Raphaël deviennent aussi les nôtres…

Et pour cela, une ambiance finement posée, quelques jeux de lumières, une douceur si particulière dans le trait et dans l’écriture ont suffit. L’histoire nous touche et nous entraine face à ce choix, aux côtés de Raphaël, face à Sophia, attrayante mais rendue presque banale, face à Marie, lointaine, sexy, attirante, silencieuse, intrigante. Il est amusant de constater par exemple que les moments de quasi nudité de ces deux personnages n’entrainent jamais les mêmes réactions, les mêmes sentiments. Un album troublant donc par bien des aspects, intrigant, entrainant surtout…

A ce choix en tout cas, Jim apporte une réponse, celle de Raphaël, la sienne aussi peut être. Personnellement, j’ai pris beaucoup de plaisir à contempler de loin cette situation, à voir Raphaël se laisser emporter, à voir ses amis tenter de l’en empêcher, à le voir lui-même trouver ce choix absurde. Confronté par l’intermédiaire de cet album à cette question, on aura tous notre réponse, sur ce que l’on aurait fait, nous, de notre côté. Quoi qu’il en soit, il est agréable d’y avoir réfléchi le temps d’un album, d’autant que l’histoire n’est pas finie, qu’il reste encore un tome à venir et que la nuit n’est pas encore venue…

7,5/10 Un album touchant,intrigant et captivant qui s’appuie pourtant sur peu de choses, une simple question, une promesse et une vie, des vies plutôt littéralement bouleversées…

Conquistador, Tome 1 de Dufaux et Xavier

29 avr
29 avril 2012

Couverture Conquistador 1Mai 1520, en Amérique latine, Hernando Royo descend un fleuve sur une frêle embarcation, seul survivant de son expédition. On lui avait promis la mort à lui aussi mais il y a échappé… Tenochtitlan, la cité de l’Empereur Moctezuma, c’est là que tout à commencé, des semaines auparavant. Au service du général Cortès, il s’est vu confier la tâche de dérober un trésor. De l’or bien sûr, mais surtout une pierre en particulier. A la tête d’un groupe de six aventuriers, nous savons désormais qu’il est le seul à s’en être sorti. Reste à découvrir comment il s’est retrouvé seul, au milieu de la jungle, poursuivi par le Txlaka…

A peine quelques lignes lues et l’on est déjà dans l’ambiance, plongé dans l’histoire. Cela fait longtemps que je n’avais pas lu une telle mise en place. Un héros à demi-mort, perdu au milieu de nulle part, une narration à la première personne, un décor inhospitalier… On a beau ne pas savoir vraiment où l’action se déroule qu’on est déjà pris dedans. Ce genre d’introduction est finalement assez classique, mais ici, tout est maîtrisé à la perfection et on accroche directement. A partir de là, j’aurais tendance à dire que le plus dur est fait, mais il est vrai que j’accorde une importance considérable aux introductions et que celles de ce type me plaisent particulièrement…

Restait bien sûr à ne pas exploser en plein vol, à confirmer au fil des pages l’excellente impression que laissaient les toutes premières. Et si la narration change peu à peu, la première laissant place à davantage de troisième personne notamment, l’ambiance et surtout la qualité restent les mêmes. J’ai souvent dit ici que J. Dufaux n’était pas pour moi une valeur sûre, que je n’accrochais pas à chaque fois à ses histoires, il faut pourtant lui reconnaitre une réelle habitude et une capacité à pondre aisément des scenarii. Ici, il s’agit selon moi d’un grand cru, où tout s’enchaîne avec une rare efficacité…

En soit, l’idée de départ n’est pas extrêmement originale et le cheminement non plus d’ailleurs. On suit d’abord différents personnages qui vont progressivement former un groupe chargé d’aller récupérer un trésor. Soit. Un cas relativement classique donc, mais comme je l’ai dit, traité avec énormément de maitrise, avec surtout une ambiance qui fait la différence à tout moment. Comme si tout fonctionnait de manière particulièrement juste, tout simplement, dans une parfaite fluidité…

A vrai dire, il n’est pas facile pour moi d’évoquer clairement toutes les qualités de cet album, tant celles-ci semblent nombreuses et surtout évidentes, presque inconscientes en fait. On se trouve face à une histoire qui ne comptera que deux volumes et que l’on découvre étonnamment dense malgré le format. Une série de véritable aventure au cœur de l’Amérique latine à la fois rythmée et intrigante. Le genre d’histoire qui a tout pour me plaire en fait…

Et pour couronner le tout, comme si cela ne suffisait pas, la partie graphique est confiée à quelqu’un qui est loin d’être manchot, Ph. Xavier. Particulièrement sensible à ses décors qu’à ses personnages, j’avoue n’avoir ici trouvé aucune faille, tout étant fait pour nous plonger au mieux dans l’histoire. L’ensemble est d’une qualité remarquable, les lieux, le cadre exploré ainsi que l’ambiance qui en découle sont tout simplement exceptionnels. Rien à redire donc au sujet de cette nouvelle série qui figurera très certainement parmi les meilleures découvertes de cette année…

8/10 Une nouvelle série d’aventure où le titre en dit déjà suffisamment sur le cadre exposé. Scénario, dessin, ambiance, tout semble simple, millimétré… D’une rare efficacité !

John Arthur Livingstone, le roi des singes, Tome 1 de Bonifay et Meddour

27 avr
27 avril 2012

Couverture John arthur livingstone 1Fin du XIXème siècle, tandis que Jack l’éventreur sévit dans les rues de Londres, Lord John Arthur Livingstone répond à des questions sur ses origines. Enfant sauvage de Bornéo, devenu lord anglais, il éveille toutes les curiosités. Darwin vient de mourir et déjà certains scientifiques voient le jeune homme comme la confirmation de ses théories évolutionnistes, véritable chainon manquant entre le singe et l’Homme…

Dans cet album, on se retrouve face à deux éléments a priori distincts : d’un côté, le mythe de l’enfant sauvage, de l’autre, celui les meurtres de Jack l’éventreur. En guise de point de rassemblement, Londres, en cette fin de siècle et son ambiance si particulière. Bien sûr, puisque cela n’aurait pas grand sens sinon, la question va tourner également autour du lien entre ces deux éléments, afin d’apporter un soupçon d’originalité à ces deux histoires qui n’en auraient pas de manière distincte…

Pour commencer, l’enquête. C’est là à mon goût le principal intérêt de l’album puisque l’on va se laisser embarquer dans celle-ci en ne sachant jamais trop à quel point John Arthur Livingstone pourrait être impliqué. On a parfois peur que cela soit trop simple, trop évident, mais si l’auteur ne nous rassure jamais vraiment à ce sujet, il faut reconnaitre que l’on reste suffisamment dans l’incertitude. L’ambiance tournant autour de l’investigation de l’inspecteur du Yard est d’ailleurs plutôt bien menée, lui-même piétinant au milieu des ragots et des superstitions…

De l’autre côté donc, l’aspect enfant sauvage, Tarzan en somme. Sans la moindre surprise à ce niveau, sans grande originalité non plus d’ailleurs, c’est la partie un peu « facile » de l’album, sans grand intérêt. L’histoire, on l’a vue et revue, on la connait par cœur et si on espère au départ trouver ici quelque élément novateur, on déchante vite. Le regard des autres se résume à de la curiosité, sans grande ambigüité et lui évolue donc de façon assez linéaire, sans grande adversité. Reste donc à voir le lien qu’il pourrait avoir avec l’enquête, avec les meurtres, mais pour l’instant donc, pas la moindre surprise…

Pour ce lien entre les deux éléments, pour l’instant, rien de bien concret et c’est tant mieux, car si le doute peut subsister encore un peu, c’est bien là la seule chose qui sera capable de me donner envie de jeter un œil curieux au tome suivant. En effet, pour l’instant, il ne s’est rien passé de plus que ce qu’un résumé de quelques petites lignes peut nous laisser imaginer, c’est bien maigre donc. L’histoire ne prend pas vraiment et puis, il y a quelques défauts un peu exaspérant. Le plus agaçant me paraît être l’habitude de faire parler d’autres personnages que ceux présents sur les cases, cela n’apporte rien si ce n’est de la confusion. Sans le son des voix, c’est difficile de savoir clairement qui parle…

Enfin, le dessin, et là, c’est plus compliqué. Ce qu’il m’évoque me parait clair dès la couverture, avec un mélange entre quelque chose que je trouve véritablement superbe et quelque chose qui me semble bien moins réussi. Au dessous de la couverture, une femme, de dos, un décor, des couleurs superbes. Un échantillon trop léger mais magnifique. Et, il y a ce visage, ce corps, un peu moins réussi, trop marqué, moins agréable à regarder tout simplement. Au sein de l’album, c’est la même chose, tout ce qui concerne les décors est littéralement magnifique, les ambiances sont variées, superbes ! Pourtant, dès que l’on s’approche d’un peu trop près des personnages, j’accroche moins, et c’est rien de le dire. Difficile donc de prendre un véritable plaisir quand l’apparition du moindre personnage me pose un problème…

5/10 Un album qui ne me semble pas franchement indispensable, puisque pas réellement original, un peu léger même scénaristiquement, et qui me laisse un sentiment mitigé graphiquement…