Azimut, Tome 1 de Lupano et Andreae
Parti depuis deux ans maintenant en quête d’un monde inconnu, le grand explorateur, le Comte Quentin de la Pérue débarque enfin sur une plage inexplorée. Son périple touche à sa fin, il va pouvoir poser le drapeau sur cette plage, symbole du magnifique exploit qu’il vient de réaliser… Seulement voilà, cette plage, c’est celle de Ponduche, le royaume dont il est parti. On ne peut donc, techniquement, pas vraiment parler de découverte et encore moins d’exploit. Pourtant, les boussoles étaient formelles ! Comment un explorateur de cette trempe a-t-il pu faire demi-tour à un moment, sans s’en rendre compte ?
A Ponduche, le Roi Irénée doit exaucer les 17 caprices de sa future épouse, une princesse venue d’Orient. Une coutume de là-bas parait-il… Le calvaire touche à sa fin, il en est au quinzième, qui n’est autre qu’une pêche aux bigorneaux. En fait, tout cela n’est dû qu’à une seule chose : on a perdu le nord, ou quelqu’un l’a volé, on ne sait pas trop, mais ce qui est sûr, c’est qu’il est ailleurs chaque jour. Une véritable calamité pour le commerce maritime ou encore pour la migration des poissons volants, même si c’est très bon avec du fenouil…
L’histoire se passe dans un monde fantastique, un brin décalé pour ne pas dire plus, où se côtoient tous types de créatures, allant du simple géant aux immenses poissons volants, en passant par les saugres, qui semblent être des croisement d’animaux humanoïdes, sortant d’œufs et répétant invariablement la même phrase lors de leur venue au monde. Un univers particulièrement riche donc, bourré de détails et de trouvailles scénaristiques et graphiques plus amusantes et originales les unes que les autres…
Dans ce monde merveilleux, on va suivre plusieurs personnages et, à dire vrai, plusieurs histoires même, qui vont se retrouver liées pour la plupart, chaque scène prenant peu à peu sens. Difficile de dégager un héros d’ailleurs, un personnage principal auquel on s’attache, le véritable acteur de cette aventure, de cet album du moins semblant être son univers. Ce qui n’est pas sans nous rappeler, dans le même type d’ambiance d’ailleurs, une série comme La Nef des fous, ou dans une moindre mesure, Horologiom, voire, pourquoi pas, dans un autre domaine, Le Roi et l’oiseau… Des univers à part et, à n’en point douter, exceptionnels et des comparaisons plutôt élogieuses…
Mais ces comparaisons, Azimut les mérite amplement à mon avis, et quoi d’étonnant d’ailleurs quand on regarde le duo d’auteurs qui réalise cet album. W. Lupano à l’écriture, aux dialogues, J-B. Andreae au dessin, ça ne pouvait que laisser présager de la qualité, non ? Et pour l’instant, entre cette enquête au sujet du vol d’une monnaie pourtant devenue obsolète, cette lutte contre la mort et le temps qui passe, ces personnages dont l’histoire reste encore à écrire, ce saugre qui n’en est pas un et le nord qui se perd, et bien, il faut bien le dire, on ne voit pas trop où ces auteurs compte nous amener. Pourtant, sincèrement, où qu’ils aillent par la suite, je les suivrai avec plaisir !
8/10 Monde original, histoire saugrenue, ambiance à part… Un vrai petit plaisir !






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